Mesdames, Messieurs,
Alors que s’est encore achevée une année difficile, une année marquée en France et dans le monde par l’instabilité, la précarité et l’incertitude, je tenais à profiter de cette soirée des voeux pour interroger le « sens » de ce qui fait notre ville, une ville aujourd’hui plus solidaire, et demain, grâce à notre action conjuguée, une ville renouvelée et vivifiée.
Chacun croit savoir ce qu’est une ville, parce qu’on y vit soi-même ou parce qu’on en parle souvent, mais qu’est-ce qu’une ville exactement?
Alors que la question de ses limites fait encore débat et qu’une définition figée semble aussi malaisée qu’inutile, ce qui est certain, c’est que la ville joue et jouera à l’avenir un grand rôle dans notre vie quotidienne.
Où que l’on habite, on a absolument besoin d’un toit, de nourriture et d’eau pour survivre. Il faut pourtant beaucoup plus que cela dans une ville. Il faut de l’éclairage, un bon système de collecte des ordures et d’assainissement, et des moyens de transport pour les déplacements. Les citadins ont aussi besoin d’écoles et d’infrastructures pour l’éducation de leurs enfants, de commerces de proximité ainsi que de lieux et de temps de loisirs. Ce sont tous des « services » offerts par la ville.
Aucun de ces services n’apparaît par enchantement. Il faut quelque chose qui les soutienne, comme les solides poutres qui retiennent les briques ou la charpente d’une maison. Il faut des lignes pour l’électricité, des tuyaux pour l’eau, des voies pour les transports, des bâtiments pour les écoles…
Fournir aux citadins l’infrastructure et les services dont ils ont besoin est une tâche immense. Et je veux à cette occasion saluer le travail fourni au quotidien par tous les agents, collaborateurs et partenaires de la Ville de Poissy, ne serait-ce que pour la maintenance et la continuité de ces espaces, réseaux, infrastructures et services.
A l’issue des réunions de quartiers que nous avons menées en mars dernier, il m’est apparu comme prioritaire que les réponses aux préoccupations, très nombreuses, de voierie et d’entretien de l’espace public puissent s’organiser de manière plus efficace et réactive. C’est pourquoi a été immédiatement créé le service d’intervention rapide qui connaît un vif succès et qui apporte, je le sais à vos retours, un véritable plus, grâce à ce numéro unique qui permet de régler rapidement les problèmes que vous avez repérés.
Au-delà de ce travail quotidien, il faut mentionner les réalisations et en premier lieu les bâtiments. Une ligne de restauration a été créée à l’école Pascal car jusqu’alors les enfants de cette école voyaient leur temps de repos et de loisirs de la mi-journée grevés par le déplacement dans une cantine hors de leur groupe scolaire. Toujours en ce même domaine, les élèves de l’école maternelle La Bruyère se sont vus dotés d’un très fonctionnel Centre de loisirs. Adossé au vaste projet de réhabilitation et de développement des aires de jeux, comme celle du Château de Villiers, c’est une réflexion nouvelle sur la place de l’enfant et de la famille dans l’espace urbain qui est actuellement en cours de réalisation.
Car une ville c’est aussi un cadre de vie.
L’équipe municipale l’a bien compris et y attache une grande importance, c’est pourquoi nous avons souhaité très rapidement engager l’évolution du Parc de la Charmille par la restauration de la Route Vieille. A terme, grâce au partenariat avec l’ONF, cet espace doit redevenir un lieu de promenade, un lieu où les enfants ont plaisir à s’amuser, où chacun peut tranquillement déambuler, un poumon vert pour tous.
Nous savons le goût particulier des pisciacais pour la nature et les jardins, c’est pourquoi nous avons créé le premier marché aux fleurs de Poissy qui fut un très grand succès et nous le renouvellerons donc.
Fort heureusement, les espaces verts constituent l’une des richesses de notre ville, car entre Seine et forêt la nature est bien présente. C’est pourquoi nous prévoyons cette année l’amélioration des berges de Seine et que nous continuerons de nous opposer au tracé actuel de l’autoroute A104 car il est inacceptable que ces derniers espaces privilégiés soient sacrifiés sur l’autel d’une croissance qui n’a de vert que le nom qu’on a cyniquement donné à ce tracé qui menace les populations pisciacaises, carriéroises, achéroises et conflanaises pour n’évoquer que notre département.
C’est que la Ville est un territoire en devenir.
« Pour changer la vie, il faut d’abord changer l’espace »
écrivait Henri Lefebvre, auteur français, philosophe et enseignant. Derrière les réalisations et le travail de maintenance quotidiens s’élaborent les grands projets pour demain : la réhabilitation de la Coudraie et le futur développement urbain du secteur Poncy ou de l’hopital, la nouvelle Zac et le boulevard de l’Europe, la Tangentielle Ouest. Moins visibles, ils concentrent pourtant l’une des plus grandes parts du travail de l’équipe municipale.
Ils prennent du temps car nous recherchons une inscription à long terme en considérant la Ville comme un tout indissociable, qui doit dans son ensemble trouver un équilibre entre habitations et activités. Car nous ne voulons pas comme ce fut si souvent le cas par le passé créer de nouveaux quartiers qui seront les ghettos de demain. Et nous voulons une ville qui respecte les principes du développement durable et de l’urbanisme écologique.
Car une Ville c’est un espace durable.
Nous cherchons donc à prendre en compte tout aussi bien les enjeux sociaux, économiques, environnementaux et culturels de l’urbanisme pour et avec les habitants, en facilitant les modes de travail et de transport, en développant les consommations d’énergies et de ressources naturelles ou renouvelables.
C’est l’exemple de la zone 30 à double sens cyclable et de la zone de rencontre inaugurés lors de la semaine de la mobilité qui doivent nous diriger vers des axes de circulation partagées pour que notre Ville ne soit par asphyxiée par la voiture. Je sais, grâce, une fois encore, aux réunions de quartiers, que c’est un sujet majeur pour les pisciacais, nous l’avons compris et nous nous attachons à trouver les solutions à court et à long terme qui feront, en ce domaine, de Poissy une ville durable.
Agenda 21, semaine du développement durable, et, surtout le lancement de deux éco-quartiers, témoignent de cet engagement fort de la municipalité.
Une ville, c’est peut-être moins évident pour tout à chacun, c’est aussi un acteur institutionnel.
La place de la collectivité locale et ses moyens de fonctionnement ont été particulièrement interrogés cette année. Je ne reviens pas sur les menaces que la réforme de la taxe professionnelle fait peser sur le fonctionnement et sur le budget des communes. Mais nous en reparlerons, notamment au moment de la préparation budgétaire, car ce n’est qu’à ce moment que tous les éléments seront connus et que les décisions seront prises, contrairement à ce que l’on voudrait vous faire croire. Je ferais preuve de transparence et de pédagogie en ce domaine comme en d’autres.
Mais si c’est assurément une bonne chose de vouloir soutenir les entreprises et qu’une réforme de la fiscalité est certainement nécessaire, il semble bien peu probable d’atteindre ces objectifs de cette manière !
Car ce qui se profile c’est une nouvelle donne dans l’aménagement du territoire, sur lequel les entreprises ne pourront plus être accueillies de la même manière, et les collectivités, si elles se sentent menacées dans leurs finances, vont nécessairement réduire leurs grands projets alors même qu’elles assurent 75% des investissements publics ! Dès lors, où est le gain pour l’économie française ? Et qui va payer ?
Je ne souhaite pas ce soir polémiquer. Mais je dois quand même dire l’inquiétude qui est celle de l’équipe municipale et, je le sais, de beaucoup d’élus en France, toutes tendances confondues d’ailleurs. Mon propos n’est pas celui de la vaine dénonciation. Mais nous, élus locaux, souhaiterions être davantage associés, consultés, considérés comme de véritables partenaires et non, parfois, comme de simples récipendiaires de transferts de charge ou des exécutants de directives, qui plus est, souvent contestables dans leur efficacité ou parfois dans leurs objectifs mêmes.
Loin de moins le pessimisme sur ces questions et je veux surtout retenir le bon partenariat qui a uni la ville de Poissy à l’ensemble de ses partenaires institutionnels, lesquels sont très nombreux et diversifiés, notamment dans le cadre du Conseil Local de sécurité et de prévention de la Délinquance, qui a permis de renouer le dialogue entre les différents interlocuteurs, et déjà donné lieu à des actions concrètes qui ont significativement amélioré la situation, que l’on pense aux attaques contre les commerces ou à ce réveillon du jour de l’an, lors duquel Poissy n’a vu aucune voiture brûler.
Mon action, en ce domaine, vise à renforcer les moyens humains et la qualité du partenariat, plutôt que d’investir lourdement dans des technologies à l’efficacité improbable.
L’humain, c’est bien cela qui est au centre de notre action. Car une ville, c’est aussi, et il ne faut pas l’oublier, des femmes et des hommes qui partagent des lieux de vie et une culture locale.
C’est pourquoi cette année nous lancerons plusieurs chantiers de concertation sur nos grands projets afin, comme le dit notre carte de vœux « d’élargir le cercle de nos idées ».
Cette concertation prendra des formes diverses, du lancement des comités de quartiers aux assises de la jeunesse, car tous les pisciacais doivent bénéficier de lieux pour exprimer leur vision de la ville.
Au-delà, toutes les animations de l’année seront reconduites et tout particulièrement les rendez-vous qui permettent de se retrouver pour des moments de convivialité et de fraternité.
Ces moments ont été importants cette année, je pense à la Semaine de la science ou à Poissy en fête. Plus encore, ils ont marqué le lancement de grands chantiers. Ainsi la célébration de la Convention internationale des Droits de l’enfant, qui a réuni tant de familles, a-t-elle permis de lancer un projet éducatif local et le Conseil Municipal des enfants dont on a pu percevoir tout l’enthousiasme et le sérieux avec lequel les élus abordent leur mission.
C’est donc à eux que je souhaite adresser mes derniers mots.
On nous interroge souvent sur le temps que prennent les projets à être réalisés, et vous verrez, très chers jeunes collègues, que, vous aussi, vos camarades vous interrogeront ! Nous pourrions parfois aller plus vite, confier à des prestataires extérieurs certains projets et les laisser réaliser à leur idée ici un immeuble, là tout un quartier. Ce n’est pas notre conception des choses. Et qu’il s’agisse d’urbanisme, d’éducation, de politique culturelle ou de tout autre domaine, nous voulons nous inscrire dans une vision à long terme de la ville : c’est notre absolue responsabilité que de nous projeter vers l’avenir car le Poissy que nous réalisons aujourd’hui sera le vôtre demain.
Nous projeter vers l’avenir c’est aussi penser la place de notre Ville dans le monde de demain. Dans le cadre d’une grande métropole parisienne, quelle sera la place de Poissy ? J’y travaille activement au sein du syndicat Paris Métropole. A une autre échelle, l’année 2010 verra la première amorce d’une préfiguration d’une future intercommunalité. C’est certes une obligation mais c’est surtout un beau projet et un chantier exaltant qui nous attend !
Et si, en ce domaine, Poissy a pris ces dernières années un retard considérable, je veux que notre Ville devienne le fer de lance de cette préparation à l’intercommunalité !
En mon nom mais aussi au nom de toute l’équipe municipale dont je tiens à remercier chaleureusement chacun des membres pour l’ampleur du travail fourni cette année, je vous souhaite, à vous tous qui êtes ici réunis ce soir : Mesdames et messieurs les acteurs de la vie locale, partenaires de la Ville de Poissy, élus municipaux, maires, conseillers généraux et régionaux, parlementaires, ainsi qu’à l’ensemble des pisciacais, une très belle année 2010.
Ce sera pour nous une année de construction dans le respect de l’humain, une année de combat mais aussi de consolidation, une année de belles réalisations pour l’avenir et de travail au quotidien, autant d’engagements qui font qu’on aime sa Ville.